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LA PROBLÉMATIQUE

 

La problématique que j’analyse est représentée par les liens qui semblent plutôt strict entre le sport et les médias, surtout pour ce qui concerne les innovations qui a apporté le sport comme gymnase pour les nouvelles technologies pour la télévision, mais aussi les nouveaux évènements que les médias ont composé pour avoir de plus en plus de spectateur et surtout “capturer de l’audience”. Mais il n’y a pas seulement la télé, dans ce blog on va aussi analyser les autres médias comme la presse, la radio, internet la nouvelle découverte de l’information, mais aussi les effets qui peut créer sur les gens.

 

 

 

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La raison de la contitution de ce Blog

La raison de la constitution de ce Blog est plutôt simple, ont est en train de formuler une séquence d'article qui concerne une partie de l'examen de Français dans l'Université de la Vallé d'Aoste.
Vendredi 28 avril 2006

Le sport et les Médias

 

 

A présent c'est la télévision qui mène le bal. Les chaînes savent qu'elles peuvent ramasser du fric à la pelle avec le foot. Pathé achète Lyon, M6 se paie Bordeaux, Canal+ possède le PSG et aussi le Servette de Genève: c'est à ce niveau-là que ça se situe. Pas en dessous. On va négocier les droits de retransmission télévision pour près de 2 milliards par an. 
(Jean-Noël Blanc, Tir au but, Paris, Points inédits, 1999, p. 94)


Comme tout ce qui appartient aux pratiques de masse ou à ce qu'on a pris l'habitude d'appeler la culture de masse, le sport ne concernerait que “les faubourgs du savoir”. Rares sont ceux en France qui s'y intéressent pour y voir autre chose que les éléments d'un système de domination, une manière de reproduire les structures de classes ou, à l'inverse, le squelette de la révolution des loisirs et d'une célébration du temps libre. Or, parce qu'il fait partie de ces dérisoires activités de masse, il est essentiel. Essentiel, bien entendu, parce qu'il est extrêmement massif et présent, mais surtout parce qu'il véhicule et inscrit dans la vie quotidienne des valeurs qui organisent le sens de l'existence dans les sociétés démocratiques. Il est essentiel parce qu'il les loge dans le quotidien et l'habituel. 
(Alain EHRENBERG, Le culte de la performance, Paris, Calmann-Lévy, 1991, p.36) 

 

 

“Le sport et la télévision entretiennent des rapports anciens, riches et passionnés. Depuis les Jeux Olympiques de Berlin (première Olympiade télévisée) en 1936, l’expansion du média cathodique a systématiquement profité de l’engouement massif pour les grandes épreuves sportives comme le Tour de France, le Tournoi des Cinq Nations, le Championnat du monde de football, Roland Garros ... Ces épreuves ont fourni l’occasion d’introduire des innovations technologiques majeures: la couleur, lors des Jeux Olympiques de Grenoble en 1968; la haute définition, à Albertville... C’est en promettant “plus de sport” que la chaîne cryptée Canal+ a trouvé un grand accueil auprès du public; et c’est “pour garder la mémoire des plus beaux matchs” que le magnétoscope s’est répandu dans les foyers au cours des années 80”
Ancienneté des rapports et développement croisé, innovations technologiques, argument promotionnel, intérêt du public télévisuel sont les parties plus importantes de ce monde.   

  

 
Par Federico - Publié dans : Dossier
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Vendredi 28 avril 2006

“Mettre en télé”, c’est choisir et imposer

Si on peut faire remonter les premières compétitions sportives modernes au 18e siècle, nous devons constater que c’est avec le 20e siècle que le sport est entré de plain-pied dans la voie de l’internationalisation, de la professionnalisation et de la marchandisation. Plus encore, c’est depuis quarante ans, c’est-à-dire depuis que la télévision s’est installée au coeur de nos maisons et au creux de nos vies quotidiennes, que le sport a pris une dimension planétaire et a occupé une place stratégique (économiquement) dans les grilles de programmes. Après avoir fait les “beaux jours” de la presse écrite depuis le début du siècle, le sport s’est donc vu “mettre en télé” de façon de plus en plus fréquente, travaillée et intéressée. Progressivement, les choix (parfois contraints) des télévisions se sont imposés aux téléspectateurs de plus en plus nettement. 
Il en est ainsi du direct qui est devenu la référence presque absolue en matière de retransmission sportive et qui impose, avec lui, vitesse, instantanéité, exaltation, emportement. Le nez collé sur l’événement, mais c’est cela qui lui donne une plus-value marchande, symbolique et d’enthousiasme les télévisions proposent des mises en forme (ralentis, répétitions, multiplication des points de captation et des angles de vue, statistiques, commentaires à plusieurs voix avec l’omniprésence des consultants et autres spécialistes techniques...) qui font du sport un véritable spectacle télévisuel avec ses règles propres de construction esthétique et qui ressemble de moins en moins à ce que les spectateurs sont en capacité de voir au stade ou sur le parcours de la course. Ce n’est pas forcément mieux ou moins bien, mais c’est certainement autre chose. 
Certains sports sont les rois (football, tennis, Formule 1, cyclisme –chez nous–...) même s’ils sont très peu pratiqués par la population (Formule 1, boxe) parce qu’ils offrent un spectacle à la mesure du petit écran. Durée de la rencontre, espace investi par les sportifs, conditions de visibilité des acteurs et des instruments de jeux... correspondent, parfois après adaptation aux grilles et exigences de la programmation. D’autres sports doivent se battre et payer en couvrant les frais techniques de retransmission pour passer à la TV , d’autres encore sont complètement exclus. C’est ainsi, par exemple, qu’à quelques exceptions près (ski, patinage, athlétisme, volley et handball) le sport féminin n’a, pour ainsi dire, pas accès au petit écran.

 

Yannick Le Goff,Diffusion : jeudi 31 mars 2005 à 15h40 http://www.france5.fr/actu_societe/articles/W00368/111/ (Page consultée le 12 Avril 2006) 

 

Par Federico - Publié dans : Dossier
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Samedi 15 avril 2006

BREF REGARD HISTORIQUE

Dans l’évolution des médias et des pratiques journalistiques, le sport et l’information sportive ont souvent été un lieu initial d’expérimentation, d’actualisation et d’appropriation des nouveaux moyens techniques. Si le sport a souvent servi de terrain d’échauffement aux nouvelles techniques médiatiques, de même le journalisme sportif a toujours entretenu un rapport particulier à l’événement. La configuration médiatique (de la presse écrite à la télévision) a historiquement contribué à la mise en place de compétitions et d’organisations sportives. Elle a également imposé une adaptation continue des dispositifs et des règlements sportifs aux nouvelles techniques et procédures médiatiques. Cette double constatation ne paraît pas être démentie aujourd’hui, à l’heure où le récit médiatique du sport se constitue de plus en plus comme un objet de recherche. Mais avant d'aborder plus avant ces questions, concentrons-nous brièvement sur quelques éléments ou événements importants de l'histoire des relations entre les sports et les médias. Évoquons-les en recourant à quelques citations et en commençant par la presse écrite. “Historiquement, les premiers articles sportifs se situent vers le milieu du XVIIIe siècle. En 1733, The Boston Gazette décrit le combat de boxe professionnel opposant John Faulconer et Bob Russel. (…) Le premier véritable journal spécialisé en sport fut le Bell's Life, créé en Angleterre, en 1938, par des coureurs professionnels. A ses débuts, il ne paraissait que le dimanche. En France, paraît en 1854, Le Sport à raison de deux numéros par mois. Il s'agit d'une revue réservée à un certain public aristocratique. Le tirage est donc faible et c'est la bicyclette qui va favoriser l'essor de la presse sportive”. L'événement qui marqua alors l'évolution de la presse sportive fut la lutte farouche qui opposa Le Vélo, fondé en 1891 par Pierre Giffard et Paul Rousset (au lendemain d'une course Paris-Brest-Paris) et L'Auto-Vélo d'Henri Desgrange. “Le Tour de France est issu de ce combat. Créé en 1900 par des constructeurs automobiles indisposés par les prises de position de Giffard en faveur de Dreyfus, L'Auto-Vélo s'inscrivait clairement dans une logique de concurrence. Condamné en 1903 pour usurpation de titre L'Auto-Vélo se rebaptise L'Auto. Craignant de ne plus intéresser les passionnés de cyclisme, Desgrange cherche une riposte. C'est le plus jeune des collaborateurs qui lui apporte l'idée qu'il cherchait: “Paris-Roubaix, Bordeaux-Paris, c'est vieux jeu, maintenant pour frapper l'imagination du public, il faut aller loin et faire, par exemple, un Tour de France”. C'est Géo Lefevre qui lance cette idée, apparemment faite pour la démesure, qui vaudra à L'Auto, puis à L'Équipe de s'imposer”. C'est ainsi, à l'initiative de la presse, que le premier Tour de France eut lieu en 1903. Cette relation économique et d'organisation entre les médias et les épreuves sportives continua. L'Équipe créa “Les 24 heures du Mans” en 1923 et en Belgique, au fil des ans, les journaux contribuèrent également à la mise sur pied d'épreuves sportives. Il peut être intéressant de jeter, à ce moment, un rapide coup d'oeil sur l'évolution de la presse sportive quotidienne et francophone de Belgique. C’est le 13 octobre 1907 que Le Journal de Tous les Sports est né. Dirigé par Alban Collignon, ce journal était, en fait, un hebdomadaire. Quelques mois plus tard, le 26 février 1908, le journal changeait de nom et devenait Le Vélo. Paraissant le mardi soir, il se présentait comme l’organe belge du cyclisme, de l’automobilisme et des sports athlétiques. C’est, en fait, le 20 août 1911 que débuta la parution quotidienne de ce journal. Le Vélo devenait alors Vélo-Sport, organe officiel de tous les sports, mais aussi du comité sportif de la L.V.L.B. (Ligue Vélocipédique Belge). Le rédacteur en chef est Armand Vallée, la direction restant aux mains d’Alban Collignon. La guerre provoqua l’interruption de la publication qui reprit le 16 novembre 1918, mais pas de façon quotidienne. Dans un premier temps, Vélo-Sport parut trois fois par semaine, soit le lundi pour les résultats, le jeudi pour les commentaires et le dimanche pour les annonces de réunion. A la mort d’Alban Collignon, la direction revint à Léon Van Den Haute et, le 2 février 1924, Vélo-Sport devint Les Sports et Vélo-Sport. Le but était de donner une signification plus large et moins restrictive au titre. Le 1er octobre 1924, un nouveau changement intervint. La couleur du journal passait au rose comme le quotidien italien, La Gazetta dello Sport. Le dernier grand changement de l’avant-guerre sera une nouvelle modification du nom du titre, Les Sports et Vélo-Sport devenant Les SportsLe quotidien dirigé par Paul Bevin, cessera de paraître durant la guerre et connaîtra quelques difficultés pour reparaître à la libération. Il allait d’ailleurs, temporairement, être suppléé par son homologue néerlandophone, Sporting, qui publia trois numéros en français. Le 10 mars 1945, le journal Les Sports reparaissait sous la direction de Pierre Stasse, avec Jacques Lecoq comme rédacteur en chef. Un accord de partenariat fut conclu, à l’époque, avec Sporting. Plus tard, le quotidien Les Sports allait se doter d’un supplément de quatre pages (dont une consacrée au cinéma), Les Sports-dimanche dont le rédacteur en chef était Auguste Van Schoore. Ce supplément subsista jusqu’au 11 mai 1969. Le 10 août 1969, Les Sports devenaient le supplément sportif de La Dernière Heure et cette “absorption” signifiait la fin de la presse sportive quotidienne en Belgique francophone. Cependant, entre-temps quelques tentatives se signalèrent dans ce secteur. C’est ainsi que le 1er mai 1903 naissait Le Sportsman, Le quotidien de tous les sports. Issu de l’union entre Le Sportsman belge et Bruxelles Sport, ce quotidien était composé de quatre pages et, malgré le fait qu’il se présente comme le journal de tous les sports, le sport dominant était les courses hippiques. Fondé par Horace Lennard et dirigé par Paul de Borman, il paraissait tous les soirs aussitôt les derniers résultats de la journée collectés. Mais seuls les abonnés bruxellois recevaient le journal le soir même. La première guerre mondiale interrompit la parution jusqu’au 13 avril 1919. Il reparut sous le nom Le Sportsman, Journal quotidien de sport hippique. Les autres sports étaient écrits, en plus petits caractères, sous le titre générique. En décembre 1959, il devenait Le Nouveau Sportsman et se présentait comme un journal quotidien hippique complet et indépendant. Sa durée de vie n’allait cependant plus être très longue puisqu’il disparaissait le 5 juillet 1962. Un autre quotidien de sport hippique a également existé entre 1914 et 1989. Il s’agissait de Sport-Elevage. Mais, contrairement au journal Sportsman, il n’a jamais traité que le sport hippique. En 1975, il est devenu Sport & Turf avant de devenir, le 3 janvier 1989, Tiercé Belge-Sport & Turf, le quotidien officiel des courses hippiques belges. Un mois plus tard, la formule quotidienne était abandonnée. La publication devenait hebdomadaire et prenait le titre de Tiercé Belge – PMU MagazineD’autres quotidiens ont connu une existence bien plus brève, comme par exemple Sporting. Né le 27 mai 1928 avec l’aide de Victor Boin, président, à l’époque, de l’Association professionnelle belge de journalistes sportifs (APBJS), ce journal voulait être le journal de tous les sports et du tourisme. Il paraissait le dimanche, le lundi, le mercredi et le vendredi avant de devenir quotidien le 4 novembre 1928. Dirigé par Fernand Germain, ce journal voulait déborder du champ strictement sportif. Il voulait aussi tenir ses lecteurs au courant “des nouvelles que l’on veut généralement connaître, c’est-à-dire le résumé des faits du jour, de Belgique et de l’étranger, d’ordre politique et autres, les nouvelles de la Bourse, le mouvement théâtral et cinématographique”. Ce quotidien disparut le 20 janvier 1929. Belgique-Sport fut un autre quotidien éphémère. Il avait tenté de prendre la place laissée vacante, après la seconde guerre mondiale, par Les Sports, journal qui éprouvait, rappelons-le, des difficultés pour reparaître. Imprimé sur papier jaune (en référence-opposition au rose des Sports), il sortit de presse et apparut pour la première fois le 28 octobre 1944. Les difficultés de l’époque ne lui permettent de paraître que trois fois par semaine: le lundi, le jeudi et le dimanche. Dès que Les Sports refit surface, la concurrence fut vive. Belgique-Sport ne résista pas et disparut le 27 janvier 1952. Comme on le voit, la presse sportive quotidienne n’a jamais été véritablement luxuriante en nos contrées, même si certains titres ont connu, à des époques bien déterminées, un certain succès. Pour en terminer avec la presse écrite, il faut encore souligner que, en ce qui concerne la presse quotidienne générale, la place du sport varie évidemment d'un titre à l'autre, mais globalement représente une part importante de l'information traitée. Par ailleurs, la presse magazine a connu également des évolutions et des soubresauts nombreux. Mais un constat s'impose: s'il existe peu de publications sportives “généralistes”, les revues spécialisées (dont le rythme de parution est pour le moins variable d'un titre à l'autre) sont de plus en plus nombreuses, même si certaines d'entre elles se caractérisent surtout par leur caractère éphémère. Envisageons maintenant successivement et succinctement la radio et la télévision. “Avec l'apparition de la radio, l'événement sportif peut être vécu en direct. Le temps et la distance sont abolis. Le sport profite donc pleinement de ce moyen de communication de masse. La radio se développe au cours des années 20. La boxe constitue l'une des disciplines qui bénéficient de ce média. En 1921, le match Dempsey-Carpentier, dont la recette dépasse le million de dollars, est retransmis aux Etats-Unis par KDKA, radio qui commente aussi les matchs de base-ball. L'apparition du transistor, qui miniaturise le récepteur, va décupler l'influence de la radio”. Les émissions sportives en radio vont être d'une véritable importance car, d'une part, elles permettent d'introduire et de maîtriser “l'art du direct” et, d'autre part, elles innoveront, par exemple en introduisant le multiplex, c'est-à-dire en offrant aux auditeurs la possibilité d'être “à chaud” présents, en même temps, dans plusieurs stades de football ou “sur” plusieurs compétitions. Mais très vite, la télévision va apparaître et revendiquer une place de choix dans la couverture des événements sportifs. “Au fil des années qui l’ont vu grandir, la télévision a donné de furieuses envies commerciales à toutes les sociétés sportives. On se souvient du temps des balbutiements où la fédération française de football multipliait les courbettes pour que soient diffusées les meilleures rencontres du calendrier. Il n’était point question alors de contrats mirifiques propres à gonfler un compte en banque et à faire vivre toute une galaxie d’exploitants de champions... “Je vous en prie, inscrivez ce match au programme”... demandaient respectueusement aux chaînes les responsables du ballon rond. Le petit écran, avec un brin de vanité, se voulait –à ses timides débuts– mécène d’un monde de prétendus amateurs dont il n’avait pas su prévoir l’ardeur affairiste. A la vérité, l’époque bénie des échanges gratuits n’aura duré que de courtes saisons. Les patrons des plus grandes disciplines du sport ont vite compris que Dame Télé pouvait être à la fois une découvreuse de talents et une usine à fric. Portés par des imprésarios qui venaient faire leur pelote, ils ont négocié, au cours d’années fastueuses, les apparitions sur l’écran de chaque événement d’importance.” . L’histoire du direct et des moyens techniques en télévision passe inévitablement par le sport: 1948, arrivée du Tour de France en direct au Parc des Princes; le zoom en 1954, année de l’avènement de l’Eurovision; la caméra HF en 1957; l'apparition du ralenti en 1967… sans compter l’utilisation de l’hélicoptère et des motos pour les prises de vues, la superposition d’images, l’apparition de la couleur ou de la TVHD (télévision haute définition). Le sport a été un véritable laboratoire de la télévision. Il faut ajouter aussi que les propriétaires de médias ont continué à oeuvrer à la création de compétitions. Ainsi, à titre d'exemple, relevons qu'en 1986, les “Goodwill Games” sont créés par Ted Turner, PDG du groupe multinational de communication TBS. Ces jeux offrent à la fois un programme et un gisement d'audience. 

 

 

 

Prof.Gérard Derèze. «Société et sport». Université catholique de Louvain-la-neuve. Département communication
(Page consultée le 24 Mars 2006)

  

Par Federico - Publié dans : Dossier
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Lundi 10 avril 2006

La télévision modèle le sport en fonction de ses besoins  

 

L'argent est partout dans le sport et cela n'ira pas en s'arrangeant. Même les pratiques sportives qui se prétendent hors système ne sont pas hors consommation. La glisse, surf des neiges, skateboard, roller, etc.– en est le meilleur exemple.

 

Quand un sport ne plaît plus, quand il ne génère plus rien, il meurt. Regardez le handball à onze ou le pentathlon moderne. Trop encombrant, pas assez mobilisateur. Allez, ouste, au rancart ! On passe à autre chose: le beach volley, le triathlon. Ces pratiques sont parfois grotesques, mais obtiennent très vite le label olympique. Elles occupent les écrans de télévision, drainent public et sponsors. C'est le plus important. D'autres disciplines sont contraintes d'obtempérer : ou elles adaptent leurs règles aux besoins du marché –volley, tennis– ou elles sortent du système.
Michel Caillat, Le Monde
, 26-11-99 
 

 

 

Certes les analystes marxistes critiques, tels Michel Caillat ou Jean-Marie Brohm, ont des points de vue tranchés, mais on aurait probablement tort de ne pas se laisser interroger par leurs réflexions assez souvent au vitriol. Ainsi, en restant dans le champ des modifications induites pas les médias, il est évident que les sports hautement médiatisés sont contraints de s'adapter à certaines volontés que la télévision essaie d'imposer afin de formater le sport télédiffusé. La télévision a ainsi amené les fédérations de nombreux sports à modifier leur règlement, leur déroulement, leur dispositif afin de les faire entrer dans les formats télévisuels tant du point de vue technique et temporel que commercial (insertion d'écrans publicitaires) et narratif. Jean-François Bourg résume assez bien cette situation: “Payeurs (de 60 à 80% des recettes des Jeux Olympiques) et voyeurs (200 heures de programmes diffusés dans 150 pays), les médias en profitent pour devenir décideurs. Plus le budget des grands événements sportifs dépend de la présence des caméras, plus la télévision impose ses volontés”. 
La règle du “tie-break” en tennis, introduite en 1971, constitue probablement l'exemple, quasiment archétypal, des modifications de règlements dues à l'influence des exigences imposées par les retransmissions télévisuelles en direct. En effet, le tie-break permet de mieux contrôler la durée des rencontres en supprimant l'obligation de clôturer un set par minimum deux jeux d'écart. 
Depuis cette époque, de nombreux exemples de modifications liées à la télévisualisation ou à la tentative de rendre un sport plus “télégénique” et donc plus porteur commercialement peuvent être relevés. On peut ainsi penser à l'apparition de la visière transparente en escrime, au futur passage (en Europe) aux quarts-temps de dix minutes en basket ou encore à la prochaine augmentation de la dimension de la balle en tennis de table… En volley, le Rally Point System a été mis en place en 2000 partout dans le monde et déjà en septembre 1999 en Belgique. Dorénavant tous les échanges donnent des points. La durée de jeu s'en trouve diminuée et limitée et le volley, dont ce n'est pas la première modification de règlement, devient ou espère devenir, plus “formaté” aux exigences de la télévision. Un autre exemple, moins souvent évoqué, concerne le tir à l'arc où, à partir des quarts de finale d'une compétition, on assiste à des tirs alternés. “En réalité à ce stade de la compétition, chaque concurrent tire trois flèches, puis cède le relais. Et cela six fois d'affilée”, explique Francis Buggenhout, responsable technique national. “Il s'agit, poursuit-il, d'une adaptation pour la télévision, afin de rendre le spectacle plus cohérent, de permettre au spectateur de suivre et de connaître les points au fur et à mesure”. 
Nous touchons ici à une question importante en matière d'institutionnalisation du sport puisque nous sommes plongés au coeur du débat portant sur l'intangibilité et la pérennité des règles. Bien sûr le sport, tel ou tel sport particulier peut ou doit évoluer, changer. Le problème n'est pas là, car prétendre que les “lois sportives” sont immuables relèvent d'un immobilisme rétrograde. Par contre s'interroger très sérieusement sur les raisons qui sont à l'origine des modifications, relève, par simple nécessité de probité intellectuelle, d'une nécessité publique, à l'heure où (le corps de) l'athlète et la passion du public sont instrumentalisés. En effet, les grandes institutions sportives aujourd'hui largement marchandises ont tellement l'habitude stratégique d'emballer leurs discours de valeurs prétendument éternelles et positives, que les raisons profondes des évolutions institutionnelles (pas celles qui naissent et se développent au coeur même des pratiques) se trouvent enfouies sous un fatras d'arguments qui ne relèvent que discursivement des “bonnes intentions”. 
Un autre exemple de changement est l'apparition de “l'homme orange” au football américain dont le rôle est de signaler aux arbitres le moment de l'interruption du jeu pour permettre la diffusion de messages publicitaires. Toutes ces modifications imposées aux sportifs peuvent aussi se répercuter sur leurs performances, voire leur santé. Ainsi, aux J.O. de Seoul, la majorité des finales se sont déroulées en matinée ou à midi pour qu'elles coïncident avec les heures de grande écoute aux États-Unis, grands “payeurs” de droits télévisés et donc exigeants. Or, on sait “que le matin, les sportifs de haut niveau ne réalisent pas les mêmes performances. Le réveil psychologique est lent. Un sauteur à la perche habitué à franchir 5,50 mètres atteint difficilement 5,20 mètres le matin”. 
Wladimir Andreff et Jean-François Nys montrent , en prenant l'exemple de l'alpinisme, que des sports peuvent aller jusqu'à changer de nature pour tenter de convaincre la télévision: “Discipline solitaire, où la pratique et la prudence vont de pair, l'alpinisme devient maintenant une véritable course contre la montre. Il ne s'agit plus de découvrir de nouvelles voies, de réaliser des premières mais de battre des records de vitesse. Après avoir escaladé un sommet, l'hélicoptère ou une aile delta transporte l'alpiniste vers une autre paroi et tout ceci sous l'oeil des caméras”. 
Dans le milieu de la boxe, la présence et la participation des médias est une très vieille histoire. Aujourd'hui la présence de la télévision est devenue une condition sine qua non de l'organisation des combats mettant aux prises les meilleurs boxeurs mondiaux. “Les combats sont organisés en fonction des politiques de programmation des chaînes devenues les principaux bailleurs de fond des promoteurs”. L'exemple du combat Leonard-Hearns de 1989 est révélateur et significatif à cet égard. Le système “pay per view” a, de fait, permis de récolter approximativement trois milliards de francs dont le quart était destiné aux boxeurs. Le destin sportif et financier des boxeurs est peut-être encore plus dépendant des médias que celui des autres sportifs, dans la mesure où l'absence de caméras de télévision peut empêcher un boxeur de combattre au plus niveau, les combats n'étant tout simplement pas organisés. Jean-François Bourg décrit bien cet état de fait : “Un réseau de “pay per view” a réalisé, il y a quelques années, un sondage auprès de ses abonnés pour savoir à quels matchs ils aimeraient assister. Dès lors, certains champions du monde doivent patienter plusieurs années avant de remettre leur titre en jeu, faute d'un contrat. En France également, la puissance financière détermine la carrière des boxeurs liés à des télévisions commerciales comme TF1 ou Canal+. Tiozzo, Mendy, Tafer, Landas ou Jacob ont eu rapidement accès à des combats de niveau mondial”.
C'est ce genre d'observations qui amènent Eric Maitrot à s'inquiéter quant à la liberté d'expression des journalistes sportifs. Il écrit “qu'il n'est plus question d'aborder les sujets qui fâchent au risque de compromettre des contrats de première importance pour la chaîne”. Il rapporte, à ce propos, la réaction d'un journaliste (Pascal Praud, TF1): “J'ai compris que si je voulais durer à la télévision, il fallait que je m'adapte. Si tu ne joues pas le jeu, un petit con auprès de la famille du sport. Tu ne fais pas le poids et, si tu résistes, tu es laminé par le système. Tu ne peux pas critiquer un milieu dans lequel tu baignes tous les jours et dont tu dépends pour travailler. 
Alors moi, je ne me pose plus de problème de morale, je me suis fait une raison. Le journalisme sportif comme on le concevait il y a dix ans est un métier auquel je ne crois plus du tout”. 
Édifiant, mais éclairant. En effet, si la télévision modèle le sport en fonction de ses besoins de programmes et d'audience, elle modèle aussi très clairement le discours des commentateurs en le rendant lisse, convenable, convenu, promotionnel et dépendant… pour des raisons d'intérêts stratégiques et commerciaux.

Prof.Gérard Derèze. «Société et sport». Université catholique de Louvain-la-neuve. Département communication
(Page consultée le 24 Mars 2006)

 

Par Federico - Publié dans : Dossier
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Vendredi 7 avril 2006

L’écran, lieu de passage obligé

Wladimir Andreff étudie depuis plusieurs années les rapports entre le sport et l’économie. Il résume de façon particulièrement claire les relations entre le sport et les médias en insistant sur deux points essentiels : “Le premier est l’apparition d’un besoin de narration, de retransmission de l’événement sportif; cette retransmission mobilise des moyens économiques et financiers; par exemple, la presse doit mobiliser des moyens matériels, des reporters, payer des frais de voyage, etc. La télévision mobilise aujourd’hui d’importants moyens techniques et financiers pour “couvrir” l'événement sportif. Le second est, disons, historique: peu à peu les médias vont adopter une autre attitude économique à l’égard des sports, l’organisation de l’événement sportif lui-même. Par exemple le Tour de France ou d’autres courses cyclistes ont été lancés par des journaux, ou ont été organisés par des organes de presse ayant une rubrique sportive, et a fortiori par des entreprises de presse disposant de titres exclusivement consacrés au sport. Ces organes de presse y voient un avantage important : développer leur lectorat, c’est-à-dire leur propre marché. Si le journal L’Équipe organise des épreuves sportives aujourd’hui, ce n’est pas uniquement pour la promotion du sport, c’est également pour la promotion des ventes. Donc, on a cette relation d’organisation du sport par les médias qui a commencé à la fin du XIXe siècle et s’est prolongée jusqu’à nos jours”. En d’autres mots, on pourrait dire que “le sport, ça peut rapporter gros” et cela dans une double direction. D’une part, pour la télévision, le sport (ou du moins certains événements sportifs) est un bon moyen de “capturer de l’audience”, c’est-à-dire “de faire des téléspectateurs,” et donc de pouvoir accroître les 12 recettes publicitaires en augmentant les tarifs. D’autre part, pour les milieux du sport (clubs, fédérations, organisateurs) qui ont accès à la télévision, celle-ci constitue un apport financier très important, voire indispensable, dans les budgets de ces clubs et fédérations, un appel aux investissements publicitaires (plus on voit les panneaux publicitaires du stade ou les maillots des joueurs, plus les tarifs pratiqués par le club vis-à-vis des annonceurs ou des partenaires commerciaux peuvent être élevés) et un bon vecteur de promotion du sport télédiffusé, bien que les retransmissions sportives puissent entraîner dans le même mouvement une certaine désaffection des lieux de compétition (moins de spectateurs aux rencontres ou compétitions).

  

 

 

Par Federico - Publié dans : Dossier
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