Mettre en télé, cest choisir et imposer
“Mettre en télé”, c’est choisir et imposer
Si on peut faire remonter les premières compétitions sportives modernes au 18e siècle, nous devons constater que c’est avec le 20e siècle que le sport est entré de plain-pied dans la voie de l’internationalisation, de la professionnalisation et de la marchandisation. Plus encore, c’est depuis quarante ans, c’est-à-dire depuis que la télévision s’est installée au coeur de nos maisons et au creux de nos vies quotidiennes, que le sport a pris une dimension planétaire et a occupé une place stratégique (économiquement) dans les grilles de programmes. Après avoir fait les “beaux jours” de la presse écrite depuis le début du siècle, le sport s’est donc vu “mettre en télé” de façon de plus en plus fréquente, travaillée et intéressée. Progressivement, les choix (parfois contraints) des télévisions se sont imposés aux téléspectateurs de plus en plus nettement. Yannick Le Goff,Diffusion : jeudi 31 mars 2005 à 15h40 http://www.france5.fr/actu_societe/articles/W00368/111/ (Page consultée le 12 Avril 2006)
Il en est ainsi du direct qui est devenu la référence presque absolue en matière de retransmission sportive et qui impose, avec lui, vitesse, instantanéité, exaltation, emportement. Le nez collé sur l’événement, mais c’est cela qui lui donne une plus-value marchande, symbolique et d’enthousiasme les télévisions proposent des mises en forme (ralentis, répétitions, multiplication des points de captation et des angles de vue, statistiques, commentaires à plusieurs voix avec l’omniprésence des consultants et autres spécialistes techniques...) qui font du sport un véritable spectacle télévisuel avec ses règles propres de construction esthétique et qui ressemble de moins en moins à ce que les spectateurs sont en capacité de voir au stade ou sur le parcours de la course. Ce n’est pas forcément mieux ou moins bien, mais c’est certainement autre chose.
Certains sports sont les rois (football, tennis, Formule 1, cyclisme –chez nous–...) même s’ils sont très peu pratiqués par la population (Formule 1, boxe) parce qu’ils offrent un spectacle à la mesure du petit écran. Durée de la rencontre, espace investi par les sportifs, conditions de visibilité des acteurs et des instruments de jeux... correspondent, parfois après adaptation aux grilles et exigences de la programmation. D’autres sports doivent se battre et payer en couvrant les frais techniques de retransmission pour passer à