Introduction
Le sport et les Médias
Comme tout ce qui appartient aux pratiques de masse ou à ce qu'on a pris l'habitude d'appeler la culture de masse, le sport ne concernerait que “les faubourgs du savoir”. Rares sont ceux en France qui s'y intéressent pour y voir autre chose que les éléments d'un système de domination, une manière de reproduire les structures de classes ou, à l'inverse, le squelette de la révolution des loisirs et d'une célébration du temps libre. Or, parce qu'il fait partie de ces dérisoires activités de masse, il est essentiel. Essentiel, bien entendu, parce qu'il est extrêmement massif et présent, mais surtout parce qu'il véhicule et inscrit dans la vie quotidienne des valeurs qui organisent le sens de l'existence dans les sociétés démocratiques. Il est essentiel parce qu'il les loge dans le quotidien et l'habituel. “Le sport et la télévision entretiennent des rapports anciens, riches et passionnés. Depuis les Jeux Olympiques de Berlin (première Olympiade télévisée) en 1936, l’expansion du média cathodique a systématiquement profité de l’engouement massif pour les grandes épreuves sportives comme le Tour de France, le Tournoi des Cinq Nations, le Championnat du monde de football, Roland Garros ... Ces épreuves ont fourni l’occasion d’introduire des innovations technologiques majeures: la couleur, lors des Jeux Olympiques de Grenoble en 1968; la haute définition, à Albertville... C’est en promettant “plus de sport” que la chaîne cryptée Canal+ a trouvé un grand accueil auprès du public; et c’est “pour garder la mémoire des plus beaux matchs” que le magnétoscope s’est répandu dans les foyers au cours des années 
(Jean-Noël Blanc, Tir au but, Paris, Points inédits, 1999, p. 94)
(Alain EHRENBERG, Le culte de la performance, Paris, Calmann-Lévy, 1991, p.36)
Ancienneté des rapports et développement croisé, innovations technologiques, argument promotionnel, intérêt du public télévisuel sont les parties plus importantes de ce monde.