Internet

Publié le par Federico

Internet

Comme nous l'avons évoqué plus haut, une certaine saturation télévisuelle liée à la diffusion des compétitions sportives peut avoir une incidence directe sur le développement du sport sur Internet. La question fut très clairement abordée, à l'automne 99, lors de la dixième édition du Sportel. Lors de ce dernier rendez-vous international des programmes sportifs (à Monaco), cette question fut très clairement abordée par les professionnels des médias. Un article du Monde a décrit avec précision la portée de la discussion: “Il est hors de question, pour les responsables internationaux du football, de courir le risque d'une banalisation de leur produit au moment où les droits télévisés atteignent des sommets. Les droits pour les compétitions européennes ont été multipliés par cinq entre 1992 et 2000, ils pourraient à nouveau doubler dans la période 2000-2005. Pourtant, Étienne Mougeotte (TF1) prévient déjà : “Il y a une limite à cette inflation, c'est la capacité de financement des diffuseurs, et elle est largement atteinte en France. 
Pour l'instant, a regretté Jean-Bernard Munch, secrétaire général de l'Union Européenne de Radiodiffusion (UER), “les prix dépassent la valeur commerciale des événements, parce que certains s'en servent pour recruter de nouveaux abonnés. Condamnées à payer des sommes délirantes pour conserver les grands événements, les télévisions publiques ne pourront plus suivre très longtemps et devront faire des choix douloureux pour leur mission de service public”. 
Cette économie inquiète le belge Bernhard Adriaensens, administrateur délégué de la Fédération mondiale des annonceurs (WFA): “Combien vaut vraiment le sponsoring sportif? s'interroge-t-il. Le chiffre d'affaires du sport-business représente environ 1% du produit mondial brut, mais c'est une bulle équivalente à celle qui a conduit à la crise financière asiatique”. 
Une fragilité soulignée par Patrick Ballarin, directeur du marketing de France Télévision Publicité: “Nous avons constaté qu'il est de plus en plus difficile de remplir les écrans publicitaires des événements majeurs, notamment en raison d'un ticket d'entrée devenu trop cher.” 
Si les diffuseurs traditionnels semblent tentés de marquer une pause dans la surenchère, l'arrivée des supports multimédias pourrait provoquer une nouvelle flambée. Ainsi Bill Gates, PDG de Microsoft, vient de faire connaître son intention d'investir 60 milliards de francs belges dans la Premier League , le championnat anglais de football. “Certaines sociétés d'Internet sont prêtes à tripler n'importe quel prix pour avoir une partie du gâteau olympique”, confirme Alex Gilady, membre israélien du Comité International Olympique (CIO). 
La migration des images de sport sur le Web était l'une des préoccupations du dixième Sportel. De nombreuses start-up étaient venues montrer leurs nouvelles technologies sur les stands du Marché international des programmes sportifs. Techniquement les débits ne permettent pas d'espérer avant quelques années une qualité vidéo suffisante, mais la question de la propriété des droits est déjà au coeur des discussions. Y aura-t-il de nouveaux opérateurs? Les médias traditionnels garderont-ils la main? “Le CIO va protéger le droit des diffuseurs avec qui il a signé des contrats à long terme”, affirme M. Gilady, tout en avouant son ignorance de l'avenir : les droits olympiques ont été vendus jusqu'en 2008 selon un découpage par zones géographiques, alors qu'Internet est, par essence, un média sans frontière”. 
Par ailleurs, un autre point indiscutable de développement concerne les sites Internet. Des Jeux Olympiques d’Atlanta à des compétitions largement moins médiatisées, comme le Mondial d’escrime organisé en avril 1996 à Tournai en Belgique, toutes les compétitions sont, depuis quelques années en train de monter dans le bateau Internet. Les sites se multiplient au rythme des connexions à tel point que de nombreux clubs belges de football ont déjà leur propre web et que l'équipe cycliste belgo-italienne “Mapei” a fait sa présentation officielle en direct sur Internet. 
Au-delà des sites que les organisations, les fédérations et les clubs développent à toute allure, les techniques de diffusion de matchs, de compétitions, de rendez-vous avec les supporters ou d'événements sur le Web vont apporter un élan supplémentaire et des espérances de profit. C'est ce que souligne Gerhard Aigner, le directeur général de l'UEFA, quand il encourage les grands clubs de football européens à miser à fond sur Internet pour espérer dégager de nouvelles sources de revenus: “L'Internet, la retransmission des rencontres, le dialogue en direct avec les joueurs, peuvent être une source supplémentaire de revenus pour les clubs. Il faut explorer cette nouvelle donne. (…) Toutefois, il faudra encore du temps pour bien gérer ces technologies. Les intermédiaires sont nombreux. Il faudrait en réduire le nombre pour espérer trouver un terrain d'entente sur la diffusion de rencontres par exemple. Mais nous n'en sommes qu'aux balbutiements d'une nouvelle ère. A l'avenir, il va falloir fixer les règles du jeu pour ne pas subir d'abus”. 
Dans la mesure où on n'efface pas d'un revers de main sportivo-médiatique les consommateurs, la véritable question devient peut-être alors de savoir qui risque le plus de subir les abus ? En ce qui concerne les questions plus directement liées à l'information, il faut noter que: “La grande différence c'est qu'avant, une information venant de l'hémisphère sud mettait 24 heures pour nous parvenir et le journal mettait 24 heures pour la diffuser. Maintenant l'info arrive de l'hémisphère sud à la seconde même et le journal met toujours 24 heures pour la diffuser. C'est un terrible handicap pour la presse écrite”. 
“Pour tout ce qui est information, c'est sûr que les journaux seront dépassés. Au moment où le journal sortira de presse, l'essentiel de son contenu informatif sera déjà connu du lecteur. Le scoop va devenir de plus en plus rare. Mais, en revanche, il y aura toujours un avenir pour le support papier en revenant à la case départ. C'est-à-dire que le journaliste de presse écrite ne devra plus être un narrateur, ni un informateur, mais un commentateur. Un grand avenir s'ouvre à ce type de journalisme qui va, en un minimum de temps avec un maximum d'écriture, synthétiser un événement, mais surtout apporter un éclairage. L'avenir de la presse écrite se situe à mon sens là, plus que partout ailleurs” enfin, il faut encore souligner que le commerce en ligne donnera probablement un nouveau coup d'accélérateur à la commercialisation des sports les plus marchandisés. Globalement, il semble certain que les nouveaux supports de communication seront un axe-clé de déploiement.

Telé satellire .com - Les infos du mois - mars 2006.http://www.telesatellite.com/infos/idisp.asp?i=2209 (page consulté le 5 Avril 2006)

 

Publicité

Publié dans Dossier

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article